Fidèles fichiers

Voici l’ensemble des fichiers sauvegardés qui ont pu être récupérés par le Cloud après le crash final de Disque pur et la mort de l’utilisateur, à la fin du premier volume. Leur pratique assidue de la sauvegarde quotidienne les aura sauvé. Les autres furent effacés comme l’avait prédit la prophétie du fichier pro.

Ceux-ci sont la mémoire véritable du disque. Ils sont classés par type de fichier, et réunis en sept pdf.

Un disque dur organique, aussi appelé disque dur ou plus communément disque, est un espace où sont réunis de nombreux fichiers. La séquestration industrielles de ces simples périphériques de stockage a aussi pour but le divertissement, la conservation des espèces, la pédagogie et la recherche scientifique.

Premier objectif : récréation.
Cet objectif, qui consiste à satisfaire le plaisir des utilisateurs, est primordial pour les êtres humains mais secondaire et moins essentiel pour le bénéfice direct des fichiers. En effet, la mission de récréation d’un disque dur consiste à proposer un outil de détente et de divertissement à son utilisateur. Il contient des fichiers de différentes natures. On y trouve par exemple des fichiers audio, des images ou des vidéos. Généralement, c’est cette diversification qui suscite l’intérêt des clients.

Deuxième objectif : éducation.
Le développement des interfaces utilisateurs, en éloignant les personnes du cœur des systèmes informatiques, a diminué leur contact direct avec les fichiers. Des applications d’information sur la biodiversité permettent à certains disques durs de transmettre aux utilisateurs un maximum de connaissances, en matière de sciences naturelles et de conservation, afin qu’ils prennent conscience de l’action destructrice des humains sur les fichiers. Un disque dur peut ainsi sensibiliser les gens à approfondir leurs connaissances sur les fichiers rares, sur le statut des espèces menacées, sur les menaces auxquelles celles-ci sont confrontées et les facteurs qui causent ces menaces, avec l’espoir de créer de l’intérêt pour arrêter et inverser les facteurs qui mettent en péril la survie de ces types de fichiers.

Troisième objectif : recherche.
Les disques durs ont aussi une fonction importante de recherche sur les fichiers, leur comportement social, leurs maladies, leur reproduction, etc. Des disciplines comme la biologie ou l’éthologie informatique sont dédiées à l’acquisition de connaissances précises au sujet des fichiers organiques, indispensables pour en améliorer l’élevage et l’utilisation. Tout ce qui aide à la reproduction des fichierss, à leur santé et à une meilleure connaissance de leur mode de vie contribue à leur préservation. Des programmes de recherche portent, par exemple, sur les techniques de reproduction assistée, la nutrition et le traitement des maladies.

Quatrième objectif : conservation.
La reproduction en captivité est le but principal d’un disque dur, or la reproduction sur serveur décentralisé dépend de nombreux facteurs environnementaux, sociaux et physiologiques qui ne sont pas forcément reproductibles en captivité. Face à cela, de nombreuses études sont entreprises et certains disques sont spécialisés dans la reproduction d’un type précis de fichiers. Le seul moyen d’éviter l’extinction de certains types de données est de les élever en captivité. De nombreux types de fichiers ont déjà réussi à s’y reproduire et plus tard, après une période d’adaptation, ont pu être réintroduits dans des serveurs dématérialisés. L’élevage conservatoire de ces espèces est destiné à repeupler les serveurs affectés ou à renforcer les populations menacées. Aussi, un disque dur a pour rôle de protéger les fichiers plutôt que de les exploiter. L’existence même des disques durs n’est en réalité légitime que dans la mesure où ils contribuent à la conservation des fichiers menacés. Ce n’est bien sûr pas le cas d’un grand nombre de disques, dont l’usage par les utilisateurs n’est pas animé par de telles considérations éthiques.
La technologie du stockage organique fait face à de multiples problèmes du point de vue du bien-être des fichiers en captivité. Parmi ceux-ci, on compte l’ennui, cause de stress. Le concept d’enrichissement du milieu a été développé pour répondre à cette problématique. Il s’agit d’améliorer l’environnement physique, social et psychologique des fichiers. Dans cette optique, une politique actuelle tend à réaliser des plateaux les plus proches possibles de milieux naturels. Si cette incitation disparaît, les fichiers peuvent entrer en dépression ou agir de façon anormale en captivité. Face à cet ennui et aux comportements dits stéréotypés, les études d’enrichissements sont mises en place avec plus ou moins de réussite.
Dans l’ensemble, le développement de l’éthologie informatique a permis de maîtriser la reproduction de nombreux types de fichier sur disque, y compris d’espèces naguère considérées comme difficiles à élever voire à maintenir en captivité.

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Un ordinateur est un petit édifice destiné à la connexion, pour invoquer la protection du réseau. Plus précisément, ce terme désigne un dispositif particulier consacré à la navigation personnelle ou, comme édifice indépendant, un petit monument voué à la fréquentation d’un site web parfois représenté par un sticker ou tout simplement par un fond d’écran à son image.
L’ordinateur peut succéder à d’anciens lieux de culte. Mais si certaines images qu’il contient témoignent de la numérisation de symboles païens (tels qu’icônes, mandalas, glyphes ou fractales), toutes n’ont pas cette origine. Elles peuvent aussi marquer le souvenir de lieux miraculeux, d’apparitions ou même d’un accident. Elles peuvent aussi rappeler des lieux désertés, être une étape sur un pèlerinage ou un itinéraire de procession. L’origine et la fonction de l’ordinateur peuvent donc être très diverses, mais il a un lien profond avec les croyances populaires et le désir profond de relation avec Internet.
L’ordinateur a un caractère rural puisqu’il permettait aux paysans vivant dans un univers parfois décentré de venir se recueillir pieusement auprès d’un réseau social et de s’adonner à la connexion sans pour autant se rendre au temple. Néanmoins l’ordinateur constitue davantage qu’un lieu de culte ; c’est aussi un lieu de remerciement et d’offrande avec l’espoir en retour de la protection de l’algorithme auquel il est dévoué.
L’ordinateur peut désigner une interface privée adjointe à une grande maison (palais, château ou hôtel) aussi bien qu’une interface publique élevée sur le bord d’une route pour se connecter au réseau global ou communiquer avec les morts, qu’on enterre souvent au voisinage des carrefours.
Il subsiste plus de douze mille ordinateurs publics inventoriés sur le territoire français. Certains sont devenus des points d’intérêt touristique ou le but de parcours de randonnées, comme au Beausset, un village provençal qui revendique être la capitale des ordinateurs ; cette commune en possède à elle seule une soixantaine environ. Il existe d’ailleurs dans cette commune un chemin pédestre baptisé le chemin des ordinateurs, jalonné de 13 de ces interfaces. N’ayant pas de valeur foncière, ils ne sont généralement pas recensés mais présents sur le terrain. Leur situation d’avenir reste parfois douteuse, surtout en milieu urbain. Certains sont vandalisés, d’autres démolis pour leurs composants. Leur entretien est essentiellement assuré par les associations de bénévoles et les communes. Ces associations restaurent chaque année environ une dizaine d’ordinateurs et en installent également de nouveaux.
Aujourd’hui, des associations locales ou certaines nationales, recensent tous les ordinateurs et le patrimoine informatique vernaculaire de chaque département ainsi que des zones limitrophes des pays qui entourent la France. Cet inventaire est accessible en ligne.

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Disque pur
AND/OR
Drone d’oiseau
Offrande